Accessibility Help and Information

ligne d'information: 1-877-ADOPT-20

Vous avez
une question?

Vous avez une question? Demandez-nous maintenant.

Comprendre le traumatisme infantile

Understanding Childhood TraumaLe terme traumatisme se définit par une blessure ou par un choc émotionnel qui nuit substantiellement et durablement au développement psychologique de la personne, et qui engendre souvent la névrose.

Tous les enfants font l'expérience d'événements stressants. En général, l'expression traumatisme infantile précoce fait référence à des expériences traumatiques vécues par l'enfant âgé de 0 à 6 ans. Le nourrisson et le jeune enfant réagissent autrement que l'enfant plus âgé. En outre, ils sont incapables de verbaliser leurs réactions à des événements dangereux ou menaçants. On présume que leur jeune âge protège les enfants de l'impact produit par les expériences traumatiques. Pourtant, les événements traumatisants perturbent aussi les jeunes enfants, même s'ils n'en comprennent pas la teneur.

La recherche actuelle laisse entendre que le jeune enfant, et même le nourrisson, peuvent être affectés par des événements qui menacent leur sécurité, ou celle de leurs parents ou tuteurs. D'ailleurs, leurs symptômes sont bien documentés. Ces traumatismes peuvent résulter d'actes de violence intentionnelle envers l'enfant — qu'elle soit de nature physique ou sexuelle – ainsi que de la violence familiale, d'une catastrophe naturelle, d'un accident ou de la guerre. En outre, le jeune enfant peut subir un stress traumatique en réponse à des interventions médicales douloureuses, ou à la perte subite d'un parent ou tuteur.

Chez la personne adoptée, le traumatisme survient dès sa séparation de la mère biologique. Qu'on l'ait placé à sa naissance ou à une étape ultérieure de sa vie, chaque enfant adopté a fait l'expérience du traumatisme à un certain degré. Jusqu'à tout récemment, on n'avait pas encore compris le grand impact du traumatisme produit par l'adoption. Puisque le nourrisson ne se perçoit pas comme une entité distincte, on croit qu'il se considère comme une partie de la personne avec laquelle il a formé un lien d'attachement physique pendant 40 semaines. Lors de la séparation, le nourrisson a naturellement l'impression de perdre une partie de lui même. Lorsqu'on sépare l'enfant de sa mère biologique, il subit donc un traumatisme étendu. La personne adoptée ne se souviendra pas de ce traumatisme, mais il s'inscrira dans son subconscient comme elle l'aura vécu. Par conséquent, tout événement survenu lors de la première enfance demeure imprégné dans la mémoire d'une personne, et ce, tout au long de sa vie.

Les événements traumatiques exercent un impact sensoriel profond sur le jeune enfant. Puisqu'il est moins apte à anticiper le danger ou qu'il ignore comment s'en prémunir, le jeune enfant est plus vulnérable aux effets de l'exposition à un traumatisme. À titre d'exemple, lorsqu'un jeune enfant est témoin d'un événement traumatisant, il peut s'en attribuer la responsabilité ou rejeter la faute sur ses parents, qui n'auront pas réussi à prévenir cet incident ni à en modifier l'issue. Ces fausses conceptions de la réalité aggravent l'impact négatif des événements traumatiques sur le développement de l'enfant.

Dans la société actuelle, un nombre considérable d'enfants sont exposés à des événements traumatiques avant l'âge de 16 ans. Aux États Unis, par exemple, le taux d'enfants témoins de violence communautaire varie de 39 % à 85%. En outre, le taux de victimisation des enfants s'élève à 66 %, et le taux d'exposition des enfants à la violence sexuelle s'étend entre 25 % et 43 %, d'après les estimations. Les taux d'exposition des enfants à des désastres sont plus bas que ceux liés à d'autres événements traumatiques. Cependant, lorsque la catastrophe frappe, un grand nombre de jeunes en est affecté, quoique les taux varient selon la région et le type de sinistre. Selon toute probabilité, les enfants et les adolescents composaient une portion substantielle des quelque 2,5 milliards de personnes touchées par les catastrophes survenues dans le monde entier, au cours de la dernière décennie.

La race et l'origine ethnique, la pauvreté ainsi que le sexe influent également sur le risque d'exposition des enfants à un traumatisme. À titre d'exemple, un nombre nettement plus élevé de garçons que de filles sont exposés à des événements traumatiques dans le contexte de la violence communautaire. De plus, les blessures graves affectent les garçons, les enfants vivant dans la pauvreté et les jeunes Autochtones d'une façon disproportionnée.

Dans la plupart des cas, les enfants et les adolescents sont exposés à plus d'un événement traumatique. L'enfant qui subit des traumatismes chroniques et envahissants est particulièrement vulnérable à l'impact d'un traumatisme ultérieur. Après l'exposition à un événement traumatique, la détresse à court terme se manifeste de façon quasi universelle. Presque tous les enfants et les adolescents expriment une forme ou une autre de détresse, ou manifestent des changements comportementaux pendant la phase aiguë de récupération faisant suite à un événement traumatique. Les réactions à un traumatisme à court terme ne s'avèrent pas toutes problématiques. Certaines modifications du comportement peuvent refléter une tentative d'adaptation à une expérience difficile ou exigeante.

Symptômes et comportements du traumatisme infantile

À l'instar de l'enfant plus âgé, le jeune enfant manifeste des symptômes physiologiques et comportementaux à la suite d'un traumatisme. Contrairement à l'enfant plus âgé, cependant, le jeune enfant ne peut transposer ses émotions en paroles, mais ses comportements fournissent des indices importants quant à son niveau de perturbation.

Le jeune enfant qui subit un traumatisme est exposé à un risque particulier en raison de la grande vulnérabilité de son cerveau, qui se développe rapidement à cet âge. En effet, on a établi un lien entre le traumatisme infantile précoce et une réduction de la taille du cortex cérébral. Cette région est responsable de plusieurs fonctions complexes, dont la mémoire, l'attention, la sensibilité perceptuelle, la pensée, le langage et la conscience. Ces changements peuvent influer sur le quotient intellectuel et la capacité de régulation des émotions. En outre, l'enfant peut devenir plus craintif et perdre son sentiment de sécurité ou de protection.

La survie et la protection du jeune enfant, tant physiques qu'émotionnelles, dépendent exclusivement de ses parents ou tuteurs. Lorsqu'un traumatisme touche également le parent ou tuteur, il entraîne des répercussions profondes sur sa relation avec l'enfant. Sans le soutien d'un parent ou tuteur en qui il a confiance et qui l'aide à réguler ses émotions intenses, l'enfant devient submergé par le stress, mais n'est pas encore en mesure de communiquer efficacement ses sentiments ou ses besoins. Bien souvent, il souffre de symptômes qui demeurent invisibles aux yeux de ses parents ou tuteurs.

En général, l'enfant qui présente des symptômes de stress traumatique éprouve des difficultés à réguler ses comportements et ses émotions. Il manifeste une dépendance excessive et craint les situations nouvelles; il est facilement effrayé et difficile à consoler. De plus, il adopte des comportements agressifs et (ou) impulsifs. Il peut également présenter des troubles du sommeil, perdre des habiletés développementales récemment acquises et régresser sur les plans du fonctionnement et du comportement.

Voici une liste des possibilités de réactions chez les enfants âgés de 0 à 6 ans et les adolescents exposés à un stress traumatique.

Enfant âgé de 0 à 2 ans :

  • Repli sur soi
  • Recherche d'attention par l'adoption de comportements positifs et négatifs
  • Difficultés de développement verbal
  • Fluctuations d'humeur excessives; accès de colère
  • Comportements agressifs
  • Troubles de mémoire
  • Comportements régressifs
  • Cauchemars, troubles du sommeil ou mauvaises habitudes de sommeil
  • Crainte des adultes rappelant l'événement traumatique
  • Manque d'appétit, poids insuffisant et (ou) troubles digestifs
  • Cris ou pleurs excessifs
  • Irritabilité, tristesse et anxiété
  • Sursauts fréquents

Enfant âgé de 3 à 6 ans :

  • Passage à l'acte dans des situations sociales
  • Repli sur soi
  • Recherche d'attention par l'adoption de comportements positifs et négatifs
  • Fluctuations d'humeur excessives
  • Anxiété, peur et évitement
  • Incapacité de faire confiance à autrui et de créer des liens d'amitié
  • Violence verbale
  • Culpabilisation à l'égard de l'expérience traumatique
  • Troubles d'apprentissage
  • Comportements agressifs
  • Cauchemars, troubles du sommeil ou mauvaises habitudes de sommeil
  • Douleurs abdominales et maux de tête
  • Crainte des adultes rappelant l'événement traumatique
  • Crainte de séparation du parent ou tuteur
  • Difficultés de concentration ou d'apprentissage en milieu scolaire
  • Reproduction des actes de violence ou de l'événement traumatique
  • Manque de confiance en soi
  • Irritabilité, tristesse et anxiété
  • Développement insuffisant des habiletés
  • Sursauts fréquents
  • Incontinence urinaire nocturne ou diurne après l'apprentissage de la propreté, ou autres comportements régressifs

Bon nombre des réactions manifestées par l'enfant et par l'adolescent exposés à des événements traumatiques sont similaires ou identiques aux comportements que les professionnels de la santé mentale observent quotidiennement dans le cadre de leur pratique.

En voici la liste :

  • Apparition de nouvelles peurs
  • Anxiété de séparation (en particulier chez le jeune enfant)
  • Troubles du sommeil, cauchemars
  • Tristesse
  • Perte d'intérêt pour les activités régulières
  • Baisse de concentration
  • Déclin des résultats scolaires
  • Colère
  • Douleurs somatiques
  • Irritabilité

Ces symptômes peuvent nuire au fonctionnement de l'enfant au sein de sa famille, parmi ses pairs ou à l'école. Par conséquent, lorsqu'on intervient auprès d'un enfant qui adopte ces types de réactions, il faut procéder à une évaluation minutieuse afin de déterminer la possibilité d'une exposition à un traumatisme.

Il existe deux types fondamentaux de traumatisme psychologique : le traumatisme unique, qui résulte d'un seul événement soudain et inattendu, dont un viol, un grave accident de voiture ou une tornade dévastatrice; les traumatismes répétés, qui découlent d'événements reproduits sur une longue période, dont les actes de violence physique ou sexuelle. Chaque type de traumatisme comporte des signes caractéristiques.

Traumatisme unique

Également désigné par l'expression état de stress post traumatique (ESPT) de type I, le traumatisme unique engendre plusieurs symptômes caractéristiques :

  • L'enfant conserve des souvenirs détaillés de l'événement pendant une longue période. Ces souvenirs incontrôlables entravent ses activités et ses interactions au quotidien.
  • Les cauchemars sont fréquents chez l'enfant en état de stress post-traumatique. De même, l'évocation de l'événement traumatique envahit les pensées de l'enfant pendant les heures d'éveil.
  • L'enfant sursaute aisément et se montre très vigilant. En outre, il se soucie de trouver les motifs ayant justifié la survenue de l'événement traumatique et les moyens qui auraient permis de l'éviter. Il peut faire preuve de pessimisme à l'égard de son avenir et du sens de sa vie. Certains enfants souffrent également d'hallucinations visuelles, immédiatement et longtemps après l'événement traumatique unique.

Traumatismes répétés

Également désignés par l'expression état de stress post traumatique (ESPT) de type II, les traumatismes répétés se manifestent chez les enfants ayant subi fréquemment des actes de violence pendant une longue période. Par ailleurs, le traumatisme chronique est répandu chez les enfants élevés dans les milieux violents ou les zones de guerre. De plus en plus, on l'observe chez les enfants témoins de violence au sein de leur foyer ou de leur collectivité.

Bon nombre des symptômes qui accompagnent l'ESPT de type I, ou traumatisme unique s'additionnent à ceux de l'ESPT de type II. En raison du caractère répété ou prolongé du traumatisme, l'enfant acquiert un horrible sentiment d'appréhension et redoute la survenue d'un autre épisode. Après avoir subi des brutalités à répétition, l'enfant peut éprouver des sentiments confus, parfois teintés de colère et de tristesse, ainsi que de crainte à d'autres occasions. Bien souvent, l'enfant paraît détaché et insensible. Cet engourdissement émotionnel est typique de ce traumatisme.

Identification des signes

Immédiatement après toute forme d'événement traumatique, l'enfant fait habituellement l'expérience brève et limitée du déni et de l'engourdissement émotionnel. Bien souvent, il s'efforce également de ne plus penser à l'expérience traumatique. Par ailleurs, l'enfant qui subit des horreurs traumatiques à répétition acquiert et utilise différents mécanismes psychologiques d'adaptation. En voici la liste :

  • Dissociation – Ce mécanisme d'adaptation psychologique favorise la distanciation émotionnelle par rapport à la douleur du traumatisme.
  • Rage – À l'occasion, l'enfant fait exploser sa colère latente, qui revêt alors la forme d'accès de rage et de comportements violents.
  • Passivité extrême – Cette attitude résulte de la victimisation de l'enfant.
  • Des transformations internes peuvent se produire, lorsque l'enfant essaie de s'adapter au traumatisme et à la perte causée par ce traumatisme.
  • L'enfant peut faire des tentatives de suicide et adopter des comportements d'automutilation.
  • Reviviscence de l'événement traumatique – L'enfant refait l'expérience du traumatisme par tous les sens. À titre d'exemple, des récurrences vives et importunes, provoquées par les jeux ou par les comportements de l'enfant, peuvent survenir à n'importe quel moment.

Voici d'autres signes courants de l'état de stress post traumatique chez l'enfant :

  • Troubles du sommeil
  • Cauchemars
  • Réactions de sursaut exagérées
  • Panique
  • Évitement délibéré des éléments rappelant le traumatisme
  • Irritabilité
  • Comportement immature ou régressif
  • Hypervigilance

En théorie, l'enfant adopté a fait l’expérience du rejet avant sa naissance. De plus, il peut avoir vécu la perte d'un lien mère enfant profondément et mutuellement satisfaisant. Cette expérience l'affectera de plus d'une façon et se manifestera ainsi :

  • Deuil lié à la perte de la mère biologique
  • Vulnérabilité émotionnelle
  • Colère
  • Fermeture à autrui, dépression ou surcompensation

Tragiquement, le traumatisme détruit le sentiment naturel d'invincibilité et de confiance qui s'avère essentiel à une enfance normale. Il ruine la confiance de l'enfant en l'avenir et peut limiter ses attentes. Le traumatisme infantile assombrit la perception de l'avenir, ainsi que les attitudes envers les gens. Souvent, l'enfant traumatisé adopte une vision pessimiste de la carrière, du mariage, du rôle de parent et même de l'espérance de vie. Les craintes liées au traumatisme persistent fréquemment à l'âge adulte.
En l'absence de traitement, certains traumatismes infantiles engendrent des problèmes à un âge ultérieur. Ces difficultés se caractérisent par un comportement violent, par une passivité extrême, par l'automutilation, par des comportements suicidaires ou portant atteinte à la sécurité personnelle, par des troubles d'anxiété et par la revictimisation. (À titre d'exemple, la personne ayant subi un viol ou l'inceste pendant l'enfance ne réussit pas toujours à se protéger contre des agressions sexuelles ultérieures.)

Prendre le traumatisme infantile en charge
Au fil du temps, la plupart des enfants font preuve de résilience à la suite d'une expérience traumatique. Ce fait s'avère particulièrement dans le cas de l'exposition unique à un incident. Cependant, l'enfant qui a subi des traumatismes multiples, qui présente des antécédents de troubles anxieux, ou qui a connu l'adversité familiale fait face à un risque plus élevé d'état de stress post traumatique (ESPT). Malgré leur exposition à des événements traumatiques et leur expérience de la détresse à court terme, la plupart des enfants et des adolescents se rétablissent ou retrouvent leur niveau antérieur de fonctionnement après plusieurs semaines ou plusieurs mois, puis reprennent leur développement normal. Cette résilience découle habituellement d'une réduction de la détresse psychologique et de la vigilance physiologique.

Malheureusement pour l'enfant adopté et sa famille adoptive, les expériences traumatiques surviennent habituellement dans le contexte des relations humaines. À partir de ce moment là, le stress vécu dans le cadre d'une nouvelle relation contribue à recréer l'expérience traumatique. Ainsi, l'enfant éprouve un sentiment de menace, de crainte et d'accablement au sein d'un environnement qui ne paraît pas hostile à autrui.

Par ailleurs, la plupart des enfants qui souffrent de détresse résultant de l'exposition à un traumatisme et qui auraient besoin d'aide ne reçoivent aucun traitement psychologique, ou suivent des thérapies diverses, dans le cas contraire. Un nombre restreint d'enfants finissent par présenter des symptômes psychologiques aigus ou chroniques (dont les symptômes de l'ESPT), qui entravent leur fonctionnement quotidien et exigent une intervention clinique. En effet, certaines de ces réactions s’avèrent plutôt graves. Bien que ces enfants obtiennent rarement l'aide dont ils ont besoin en raison de certains facteurs sociaux, dont un accès insuffisant aux services de santé mentale, ceux qui reçoivent du soutien suivent un traitement fondé sur des données probantes.

Les techniques de thérapie cognitivo-comportementale (TCC) se révèlent efficaces dans le traitement de l'enfant et de l'adolescent qui manifestent des réactions persistantes à un traumatisme. On a démontré que la TCC atténue les réactions traumatiques graves, dont l'ESPT, d'autres symptômes d'anxiété et de dépression, ainsi que les troubles du comportement. La plupart des traitements axés sur les traumatismes et fondés sur des données probantes permettent à l'enfant de passer l'événement traumatique en revue dans un environnement sécuritaire, sous la conduite de professionnels de la santé mentale ayant suivi une formation spéciale à cet effet. Grâce à la TCC et à d'autres techniques axées sur les traumatismes, l'enfant qui présente des distorsions cognitives liées à un traumatisme, dont la culpabilisation, acquiert une compréhension et des perceptions plus adaptatives de ce traumatisme.

Démarches d'intervention
Dans les cas de traumatisme psychologique infantile, il est essentiel de procéder à une intervention précoce. La famille qui offre soutien et compréhension à l'enfant, et qui lui procure un sentiment de sécurité dans les plus brefs délais suivant un traumatisme peut en limiter efficacement les effets. En outre, le médecin de votre enfant peut recommander la consultation d'un psychiatre pour enfants et adolescents, ou d'autres professionnels de la santé mentale aux fins d'évaluation et de traitement.

Psychothérapie individuelle
La thérapie qui permet à l'enfant de s'exprimer sur le traumatisme ou de l'intégrer au jeu peut l'aider à dépasser sa douleur, afin de mieux s'en sortir.

Thérapie par le jeu – Dans le cadre de cette psychothérapie, on encourage l'enfant à recourir à l'action et au jeu pour exprimer ses émotions, ses pensées et ses fantaisies. Ainsi, le jeune enfant peut reconstituer l'événement traumatique dans un environnement sécuritaire, puis passer graduellement à l'expression verbale. À titre d'exemple, en dessinant la scène de l'événement, l'enfant peut commencer à parler du traumatisme.

Par ailleurs, la thérapie aide l'enfant à décrire ses émotions. Au moment approprié, il parvient à comprendre ses symptômes, ses comportements et ses façons caractéristiques de composer avec le traumatisme. Un jour, la parole et le jeu permettent à l'enfant de replacer l'événement traumatique dans son contexte et de prendre du recul. Graduellement, on aide l'enfant à percevoir l'événement comme une expérience encapsulée, une tragédie personnelle qui est survenue à un moment précis, plutôt qu'un coup du sort qui déterminera et régira le reste de sa vie.

Médication
À l'occasion, on prescrit des médicaments pour traiter les symptômes de l'état de stress post traumatique ou le trouble de stress aigu. Parmi les médicaments prescrits figurent les antidépresseurs, dont l'imipramine (Tofranil) et la nortriptyline (Pamelor), et les anxiolytiques, dont le clonazépam (Klonopin) ou le lorazépam (Ativan).

Soutien des professionnels de la santé mentale
Les professionnels de la santé mentale jouent le rôle important de facilitateurs du rétablissement de l'enfant, de l'adolescent et de la famille ayant fait l'expérience d'événements traumatiques. À titre d'exemple, ils conseillent d'autres professionnels (exerçant en milieu scolaire, hospitalier ou spirituel, ou dans d'autres réseaux de services) sur l'intervention auprès des familles, des enfants et des adolescents exposés à des traumatismes. De plus, les professionnels de la santé mentale peuvent apporter leur soutien à la famille entière, dispenser de l'éducation sur les réactions traumatiques et l'espoir d'une guérison totale, et prôner des traitements axés sur les traumatismes à l'intention des personnes qui ne parviennent pas à un rétablissement complet.

Être parent d'un enfant traumatisé
Le traumatisme infantile peut influer sur la stabilité émotionnelle et la capacité d'apprentissage normal. Il peut également nuire au développement social de l'enfant, en raison de son repli sur soi. Ainsi, l'enfant peut devenir intimidateur ou victime d'intimidation, en plus d'éprouver des difficultés sur le plan de la communication avec les pairs et de l'établissement des liens avec autrui. Par conséquent, il faut renforcer l'accompagnement des enfants exposés à un traumatisme.

Heureusement, tous les enfants qui subissent un traumatisme précoce peuvent recevoir de l'aide et répondent bien aux traitements. Grâce à la compassion et au soutien de leur famille, ces enfants peuvent adapter le souvenir de leur traumatisme en se considérant comme des survivants, puis continuer de mener une vie saine, productive et satisfaisante.

Chez l'enfant adopté, le traumatisme constitue un phénomène très courant. Au moment d'intégrer sa famille adoptive, l'enfant a déjà subi la séparation d'un, voire de plusieurs tuteurs. Certains enfants ont subi des traumatismes liés à leur situation familiale d'avant l'adoption. Il reste que le processus d'adoption comporte son lot de changements, de stress et de bouleversements pour chacun, en particulier les enfants. En tant que parent, votre façon de composer avec cette situation délicate contribuera au développement émotionnel et mental de votre enfant adopté.

Comme de nombreux parents adoptifs le savent, l'adoption d'un enfant ne s'avère jamais facile, même si elle a lieu en bas âge. Cependant, l'adoption d'un enfant plus âgé qui présente plusieurs troubles de comportement, en raison d'un traumatisme précoce, représente un grand défi que peu de parents consentent ou parviennent à relever.

Avant qu'un parent éventuel ne songe à adopter un enfant plus âgé, au pays ou à l'étranger, il doit se souvenir que cet enfant ne constitue ni un objet qu'on achète, ni un investissement financier. Il s'agira probablement de la plus lourde responsabilité que vous endosserez au cours de votre vie. Si vous ne menez pas soigneusement vos recherches et que vous omettez d'établir un solide réseau de soutien avec les amis, la famille, les services de santé et la collectivité, il vaut mieux que vous envisagiez d'autres options.

Éduquer un enfant adopté en l'aidant à composer avec la perte, le deuil et la colère constitue la première étape de sa guérison d'un traumatisme. En tant que parent, vous devez tout d'abord découvrir les causes de ce traumatisme et faire preuve de compréhension quant à la situation de votre enfant, en insistant sur son innocence. À ce titre, vous trouverez ci dessous des conseils utiles.

10 conseils utiles au parent d'un enfant traumatisé

  • Sachez qu'un traumatisme engendre des craintes et une vulnérabilité au stress chez l'enfant.
  • Reconnaissez la peur exprimée par votre enfant et devenez en plus conscient. Montrez vous plus sensible aux signaux discrets qu'il vous donne, notamment par une dépendance excessive, par des plaintes ou par l'absence de discrimination des étrangers, entre autres, et ajustez vous en conséquence.
  • Accédez à une bonne compréhension de vous même. Reconnaissez l'impact engendré par le traumatisme sur votre vie.
  • Réduisez les stimulations sensorielles externes dans la mesure du possible – dont la télévision, les environnements perturbants, le nombre d'enfants jouant ensemble et les grandes réunions de famille.
  • Au lieu d'imposer des périodes d'interruption, créez des « périodes de récupération », non pas pour faire la leçon à votre enfant, mais pour lui permettre de se calmer et de clarifier ses idées.
  • Ne frappez jamais un enfant traumatisé. Ce geste ne l'amènerait qu'à vous considérer comme une menace.
  • Donnez beaucoup d'affection. Appliquez la technique simple prescrite à cet égard, soit le 10 20 10. Dès le matin, accordez 10 minutes d'attention et de temps de qualité à votre enfant, puis 20 minutes l'après midi et 10 minutes le soir.
  • Encouragez l'exécution d'un plan d'enseignement individualisé en classe, pour faciliter la compréhension du stress et des craintes de votre enfant.
  • Informez vous au sujet des répercussions entraînées par le stress et par les traumatismes sur les familles. Plusieurs ressources sont offertes en ligne et dans votre collectivité.
  • Obtenez de l'aide. Éduquer un enfant présentant des antécédents traumatiques peut produire un impact négatif sur les meilleurs parents. Cherchez un réseau de soutien pour obtenir un répit occasionnel, discuter de vos problèmes et partager vos repas.

Bon nombre de méthodes et d'outils de soutien contribuent à établir les bases de l'amour et de la stabilité dont l'enfant traumatisé a besoin. Consultez le médecin de votre enfant pour trouver les ressources et les services offerts dans votre région ou votre collectivité, ou collaborez avec un spécialiste de la famille à créer une plateforme saine de développement pour votre enfant.

Liens ou ressources utiles sur le traumatisme infantile

Center on the Developing Child - http://developingchild.harvard.edu/
Child Witness to Violence, Boston Medical Centre - http://www.childwitnesstoviolence.org/
Children’s Relief Nursary - http://www.crn4kids.org/
How Kids Develop - http://www.howkidsdevelop.com/
Twenty Things Adopted Kids Wish Their Parents Knew - http://www.amazon.ca/Twenty-Things-Adopted-Adoptive-Parents/dp/044050838X 

Sites Web en anglais seulement
http://www.adoption.com/articles/life-issues-for-adult-adoptees.htm 
http://library.adoption.com/articles/adoption-trauma-that-last-a-life-time.html
http://www.copewithlife.ca/adoption/trauma-for-the-adopted-child/
http://www.postinstitute.com

Références de contenu

National Child Traumatic Stress Network - http://www.nctsn.org/trauma-types
American Psychological Association -http://www.apa.org/pi/families/resources/children-trauma-update.aspx

Sites Web en anglais seulement
http://www.starrtraining.org/trauma-and-children
http://www.uky.edu/CTAC/
http://www.streetdirectory.com/travel_guide/201812/child_adoptions/the_adopted_child_trauma_and_its_impact.html
Healing Adoption Trauma - http://www.healthascent.com/Homeopathy/adoption.html